Transparence fiscale : l'opaque "soutien" de la France

Article rédigée par Arrêt sur images et relayé par DIFF PORASG le 29/04/2021 à 08:20
Dernière mise à jour le 29/04/2021 à 08:20
Thématique : Économie
Zone géographique concernée : Europe
Zone géographique de diffusion : France


C'est l'histoire d'une "note blanche", non signée, circulant à Bruxelles à propos de lutte contre l'optimisation fiscale des multinationales. Le Monde en révélait l'existence le 21 avril. Combat essentiel : il s'agit de savoir si les gagnants de la mondialisation, explique Le Monde, "paieront leur part d'impôt là où ils engrangent leur profit". Combat de longue haleine, qui semblait gagné depuis qu'en février, un accord avait été trouvé entre États-membres. Les multinationales établies en Europe devraient publier chaque année leurs données financières, pays par pays. Alleluia ! Même Les Échos saluaient le 3 mars cette victoire, "soutenue par la France".

Là-dessus arrive cette note, qui préconise d'opacifier sérieusement cette transparence. Ces données seraient divulguées seulement au bout de six ans. Et elles ne concerneraient que les pays de l'UE et les paradis fiscaux en liste noire, pas les autres pays. Et cette note, écrit Le Monde, serait soutenue par plusieurs États, au premier rang desquels, devinez qui, la France. Nooon ! La France ? Ce même pays qui s'affirme en pointe contre l'optimisation fiscale des multinationales ? Alors que Bercy se refuse officiellement à tout commentaire, "des sources proches du dossier" confirment pourtant au Monde leur soutien à "une clause robuste de six ans", pour ne pas handicaper les multinationales opérant en Europe.